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Raymond Aubin

Raymond Aubin ne rêvait pas nécessairement de devenir artiste. Toutefois, il côtoiera la création dès son plus jeune âge. Commençant à photographier à l’adolescence, il s’adonnera à cette activité avec toute l’ardeur que l’on éprouve d’ordinaire à cette période de la vie. De façon parallèle, Raymond Aubin explorera le cinéma, caméra à la main, aux côtés d’un ami qui choisira sans attendre le monde des arts. Il faudra patienter quelques années avant de découvrir le photographe plasticien, car c’est d’abord la passion pour la science qui entraînera Raymond Aubin vers une première carrière dans l’informatique.

Jeune adulte, il continue néanmoins de photographier, possède sa propre chambre noire, devient pigiste, participe à des concours… Mais sa pratique de la photographie est encore « déconcentrée », sans intention artistique. Ce déclic aura lieu dans les années 1990, lorsque Raymond Aubin intègre le Club de photographie Polarisé. Puis, au contact de peintres et de sculpteurs, il prendra tout d’abord conscience de son manque de connaissance de l’histoire de l’art, mais prendra à fortiori conscience de sa volonté d’être artiste. En 1997, il intègre donc le Baccalauréat en arts et en design de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) qu’il obtient en 2008. Force est de constater que cette entrée dans le monde des arts visuels provoquera une onde de choc durable chez Raymond Aubin.

 

 Galerie Montcalm, Gatineau

 

245 jours ordinaires
2009
100 x 100 cm
Jet d’encre sur toile

 

Sa découverte du langage visuel deviendra une fascination au point de pouvoir définir encore aujourd’hui sa relation à l’art. La photographie n’est donc pas perçue par Raymond Aubin comme un médium transparent, mais bel et bien comme une interface physique signifiante, qui lui permet à son tour de créer des objets d’art autonomes. Raymond Aubin se caractérise ainsi photographe plasticien. Cette pratique, encore peu connue au Canada, préfère l’éclatement des canons de la photographie traditionnelle.

Roberto Pellegrinuzzi, Robert Frank et Henri Cartier-Bresson sont d’ailleurs les « héros » de Raymond Aubin. Le photographe souligne amusé que Robert Frank n’appréciait guère Monsieur Cartier-Bresson, tel un écho de la tension perpétuelle entre le linéaire et le pictural dans histoire de l’art. Mais ce que l’artiste dénote chez ses modèles, c’est avant tout leur habileté à briser les codes de la création photographique.

Attaché à ce langage visuel, le photographe plasticien va quant à lui chercher à amener la photographie dans l’espace et à la représenter à travers de grands angles de champ, travail notamment permis par la technologie numérique.

 Les rubans de Moebius font ainsi la fierté de Raymond Aubin. Issue de la série Plaques Tournantes, (http://raymondaubin.ca/survol/plaques-tournantes/) cette création est en fait un microcosme de sa production artistique. Produit de la spontanéité, ce projet aura néanmoins demandé quatre ans pour aboutir. Ces images vérisimilaires, construites par le biais de larges panoramas de 360donnent corps à cette volonté d’amener la photographie dans l’espace,

 

Art souterrain, Montréal

 

Plaque tournante
2010
63 x 170 x 101 cm
Jet d’encre sur toile autocollante, polycarbonate

 

Si Raymond Aubin avait un défaut à nous avouer, ce serait celui de voir trop loin. Mais sa grande qualité réside néanmoins dans le travail et la réflexion. L’artiste aime en fait le travail « dans le temps long, les projets longitudinaux ». Si ses créations partent d’idées spontanées, Raymond Aubin les développe en effet avec persévérance, à travers un travail fouillé. Le numérique correspond dès lors à sa façon de travailler puisqu’il permet de creuser ses idées, en faisant notamment de nombreux allers-retours.

D’autre part, Raymond Aubin entretient toujours un lien particulier avec la vidéo d’art. Ces vidéos non narratives lui permettent de travailler l’image différemment. Ces vidéos sont en effet produites à partir de son appareil photo. Ces prises de vue en rafale, associées à une trame sonore, constituent une véritable extension de son langage photographique.

Le photographe présente de plus un intérêt particulier pour la critique d’art. Comment parler d’une œuvre ? Celle d’un artiste contemporain mais aussi de sa propre création. Raymond Aubin suivra d’ailleurs plusieurs formations à la Galerie d’art d’Ottawa afin de développer ce qui deviendra le cadre théorique de son travail, de la même façon que le langage visuel est le maître absolu de sa création photographique!

 

   Centre d’artistes Voix visuelle, Ottawa

 

Aller-retour
2010
56 x 36 cm
Jet d’encre sur papier

 

L’intégrité, la curiosité et la conscience de son environnement passé, présent et à venir, sont aussi les qualités qui caractérisent Raymond Aubin. L’artiste affirme qu’il réside en Outaouais par choix. Sa volonté de faire partie de la communauté l’a amené à faire de nombreuses rencontres. Le photographe sera d’ailleurs formateur pour le CRCO, membre du C.A. du Centre d’exposition L’imagier, directeur général intérimaire du Centre de production Daïmôn, membre du C.A. du Conseil québécois des arts médiatiques… Mais c’est aussi en désirant faire des liens avec la communauté montréalaise que Raymond Aubin se rendra compte de la richesse et de la qualité des intervenants et décideurs de l’Outaouais, notamment dans le domaine des arts visuels et médiatiques. Le photographe soutient aujourd’hui que la région « est un bon milieu où vivre », doté d’une « profondeur et d’un engagement méconnus ». Raymond Aubin souligne à ce sujet le rôle du CRCO et des Services culturels de la Ville de Gatineau qui travaillent au rayonnement de cette richesse culturelle. L’artiste encourage à développer les actions de médiation culturelle, pour élargir encore davantage nos compréhensions du milieu.

 

 Exposure Gallery, Ottawa

 

Urbaneering 2
2010
33 x 48 cm
Jet d’encre sur papier
  

La philosophie, l’amour et les relations humaines sont les autres passions du photographe. La philosophie particulièrement, est explorée comme rapport au monde extérieur et exprime les convictions profondes de l’artiste. Raymond Aubin admet alors les liens entre ses convictions et la photographie, mais observe qu’ils sont surtout le fruit d’une découverte non calculée et à travers le temps.

Car la plus grande fierté de Raymond Aubin dans la vie est aussi d’avoir laissé des jalons qui sont restés. Une recherche doctorale, des innovations dans le domaine d’Internet, des écrits sur l’art, mais aussi une histoire d’amour, des enfants… et bien sûr des œuvres. Le photographe accorde de l’importance à ses « effets modestes mais réels » qui marquent la pérennité de sa présence.

À travers son œuvre, Raymond Aubin aimerait à son tour inciter les gens à vivre l’expérience, c’est-à-dire la nouveauté, la complexité, le quotidien… et la nouveauté dans le quotidien, tension justement révélée dans l’expérience photographique de l’artiste.

Et les projets à venir sont toujours aussi prometteurs. En effet, Raymond Aubin travaille sur un projet d’Art souterrain qui sera présenté dans le cadre de la Nuit Blanche de Montréal. Au mois d’avril, il exposera au Musée d’art contemporain des Laurentides, avec une nouvelle esthétique de ruban ! Une bourse du Fonds régional CALQ-CRÉO lui permettra d’autre part de développer un projet filmique nécessitant beaucoup de travail et d’apprentissage. Et puis l’écriture, toujours! Vous pouvez d’ailleurs lire ses critiques d’art dans la revue Liaison.

En conclusion, ce que l’on peut souhaiter à Raymond Aubin, c’est certainement le vœu inavoué de tout artiste… celui de triompher face à l’épreuve du temps et de durer le plus longtemps possible !


Pour en connaître davantage sur les œuvres de Raymond Aubin, visitez le http://raymondaubin.ca/

 

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Dernière mise à jour : 21 juillet 2017
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